Date de publication:2025-01-22 10:29:19
Affaire :
La société A a été déclarée en faillite par un tribunal populaire de Shanghai en raison de sa mauvaise gestion. Dans l'affaire de faillite de la société A, l'administrateur de la faillite a découvert que peu de temps après la création de la société, l'actionnaire Jia avait transféré hors de la société sa contribution de 1 million de yuans sous le prétexte de «remboursement de fonds d'investissement». S'appuyant sur les relevés de transactions bancaires y afférents, l'administrateur de la faillite a engagé une action dérivée de la faillite, en demandant à l'actionnaire de restituer le capital contribué détourné et d'indemniser les pertes d'intérêts, ainsi qu'au représentant légal et aux cadres supérieurs d'assumer la responsabilité conjointe et solidaire pour le détournement de la contribution au capital. Lors de l'audience, l'actionnaire a plaidé qu'il s'était déjà acquitté de son obligation de versement réel de la contribution au capital et que la procédure de vérification du capital versé avait été achevée, ajoutant que le transfert de 1 million de yuans mentionné dans le relevé bancaire ne constituait pas un détournement de contribution au capital, mais le remboursement d'un prêt consenti pour les investissements préalables de la société, et qu'il n'avait commis aucun acte de détournement de contribution au capital.
Le présent article se propose d'exposer, au moyen des cas susmentionnés, le concept de détournement de capitaux sociaux, ainsi que des questions telles que les critères de qualification des actes de détournement de capitaux sociaux et l'assumption des responsabilités y afférentes.
I. Concept et champ d'application du contentieux dérivé de la faillite
(I) Définition et champ d'application des actions dérivées de la procédure de faillite
Le contentieux dérivé de la procédure de faillite désigne les actions judiciaires suscitées par diverses relations juridiques liées à l'entreprise en faillite au cours du déroulement de la procédure de faillite. Il couvre un large éventail de domaines : il comprend non seulement les différends contractuels, tels que les différends relatifs aux contrats d'achat-vente conclus avec les fournisseurs, les différends de contrat de travail avec les salariés, etc., mais également les différends issus d'actes délictuels, notamment les atteintes aux droits de propriété intellectuelle, les atteintes à l'environnement dues à la pollution, etc. En outre, les actions relatives à la responsabilité des actionnaires, notamment celles visant au recouvrement des apports non libérés et au recouvrement des apports détournés, en constituent également une composante importante.
(II) Relation entre les actions incidentes à la procédure de faillite et la procédure de faillite
Les actions dérivées de la procédure de faillite sont étroitement liées à cette dernière et interagissent mutuellement avec elle. D'une part, la procédure de faillite offre un contexte et un cadre spécifiques aux actions dérivées. Dans le cadre de la procédure de faillite, les actifs de l'entreprise sont gérés de manière centralisée et les droits des créanciers bénéficient d'une protection uniforme, ce qui constitue la base du règlement des problèmes de répartition des biens et de prise en charge des responsabilités dans le cadre des actions dérivées. D'autre part, le résultat des actions dérivées exerce également une influence directe sur le déroulement de la procédure de faillite. Par exemple, le recouvrement réussi des apports en capital détournés par les actionnaires permet d'accroître le patrimoine de faillite, modifiant ainsi le taux de désintéressement des créanciers et la possibilité de redressement judiciaire de l'entreprise en faillite.
II. La notion de détournement des apports sociaux par les actionnaires et ses formes courantes
Conformément aux dispositions de la Loi sur les sociétés de la République populaire de Chine et des interprétations judiciaires pertinentes, le retrait illicite d'apport par un actionnaire désigne l'acte par lequel l'actionnaire, après avoir versé son apport, retire ce dernier par la distribution de bénéfices obtenus par l'établissement d'états comptables et financiers falsifiés et le gonflage artificiel des bénéfices, par le transfert de son apport hors de la société au moyen de relations de créance et de dette fictives, par le transfert de son apport hors de la société dans le cadre d'opérations entre parties liées, ou par toute autre mesure de retrait de l'apport sans respect des procédures légales.
(I) Création de toutes pièces d'un rapport de créance et de dette
Cette pratique se manifeste généralement par le fait que les actionnaires, grâce à une planification minutieuse, élaborent des justificatifs de créance et de doute faux, tels que des reconnaissances de dette contrefaites, des contrats falsifiés, etc., pour transférer les fonds de la société sous le prétexte de remboursement de dettes. Ses modalités d'exécution peuvent être extrêmement dissimulées, impliquant une collusion multipartite et des arrangements financiers complexes. Afin d'identifier et de prévenir ce type d'actes, il convient de procéder à un examen minutieux des transactions financières de la société, en prêtant attention aux flux de capitaux anormaux et à la constitution déraisonnable de dettes.
(II) Recours à des opérations entre parties liées
Les types courants d'opérations entre parties liées incluent la cession des actifs de qualité de la société à des parties liées à un prix anormalement bas, ou l'achat de biens ou services de mauvaise qualité auprès de parties liées à un prix anormalement élevé. Pour juger de la rationalité et de la légalité des opérations entre parties liées, il convient de prendre en compte de manière globale des facteurs tels que le caractère équitable du prix de la transaction, la conformité de la transaction aux usages du marché, l'accomplissement des procédures d'approbation nécessaires, etc. Si une opération entre parties liées porte manifestement atteinte aux intérêts de la société et manque d'un objet commercial raisonnable, elle peut être qualifiée de moyen de détournement de capital social.
(III) Établissement d'états financiers falsifiés
Les moyens de production d'états financiers falsifiés sont multiples : il peut s'agir par exemple de surévaluer les coûts pour réduire les bénéfices, ou de dissimuler les revenus afin de diminuer l'actif net de la société. L'audit financier joue un rôle clé dans la prévention de tels actes. Les auditeurs professionnels sont en mesure de détecter les anomalies et les falsifications contenues dans les états financiers par le biais de l'analyse des données financières, de la vérification des pièces justificatives et de la communication avec les personnes concernées.
(IV) Autres modes de détournement des apports sociaux
Outre les méthodes courantes susmentionnées, il existe des cas d'appropriation illicite directe des actifs de la société, tels que le détournement sans autorisation des espèces, des immobilisations corporelles et autres biens de la société par les actionnaires. La distribution illicite des bénéfices constitue également une telle pratique : elle consiste à distribuer des bénéfices lorsque la société ne remplit pas les conditions prévues à cet effet ou à procéder à une distribution excessive des bénéfices, en violation des statuts de la société ainsi que des lois et règlements, afin d'atteindre indirectement l'objectif de détournement des apports. Ces méthodes portent souvent atteinte aux droits et intérêts patrimoniaux de la société de manière plus directe et évidente.
III. Les quatre éléments constitutifs du recouvrement des apports au capital social détournés par les actionnaires
(I) Élément constitutif du sujet
Le sujet du détournement de contributions au capital social est généralement l'actionnaire d'une société. Toutefois, dans certains cas, l'actionnaire indirect, la personne exerçant le contrôle réel de la société, etc., qui jouent un rôle directeur ou d'assistance dans l'acte de détournement de contributions au capital social, peuvent également être reconnus comme sujets de ce détournement. Le critère clé pour la détermination du sujet réside dans le fait que la personne concernée dispose du droit de contrôle réel et d'une influence sur les contributions versées au capital social de la société, et qu'elle a commis l'acte de détournement par quelque moyen que ce soit.
(II) Élément subjectif
L'intention subjective constitue un élément important pour déterminer si un actionnaire a commis un détournement d'apports. Ceci nécessite une évaluation globale de la motivation, du but du comportement de l'actionnaire ainsi que de son niveau de connaissance de l'acte de détournement. Si l'actionnaire sachant pertinemment que son acte viole les dispositions de la Loi sur les sociétés et des statuts de la société, transfère délibérément ses apports hors de la société sans objet commercial raisonnable ni motif valable, il peut être constaté qu'il dispose de l'intention subjective de détourner des apports.
(III) Élément constitutif de l'acte
Les actes de détournement d'apports spécifiques sont variés, parmi lesquels les plus courants sont la simulation de relations de créance et de dette, le recours à des opérations entre parties liées, l'établissement d'états financiers falsifiés, etc. En outre, le transfert des fonds de la société vers des comptes de particuliers ou de parties liées par divers moyens dissimulés, ou la réduction des actifs de la société par des moyens tels que la réduction illégale du capital social, la distribution déguisée de bénéfices, etc., peut également constituer un acte de détournement d'apports. La caractéristique commune de ces actes est qu'ils entraînent la réduction du capital de la société et portent atteinte aux droits et intérêts patrimoniaux de celle-ci.
(IV) Élément de résultat
L'acte de détournement d'apports doit avoir causé un préjudice aux intérêts de la société, des autres actionnaires ou des créanciers. Ce préjudice peut se manifester notamment par la diminution des actifs de la société, la baisse de sa solvabilité, l'atteinte à la valeur des participations des autres actionnaires, l'incapacité des créanciers à obtenir le règlement intégral de leurs créances, etc. La constatation du préjudice nécessite une évaluation globale réalisée en fonction des faits spécifiques de l'espèce et des données financières.
IV. Caractéristiques des différends relatifs au recouvrement du capital social détourné par les actionnaires dans le cadre du contentieux dérivé de la faillite
(I) Les relations juridiques sont complexes
Ces litiges impliquent souvent l'imbrication de multiples relations juridiques. Premièrement, il existe une relation d'apport de capital entre les actionnaires et la société, et les actionnaires doivent s'acquitter de leur obligation d'apport conformément aux statuts de la société et aux dispositions légales. Deuxièmement, il peut exister une relation conventionnelle entre les actionnaires, telle que des accords sur les modalités, la proportion et le délai d'apport, etc. Troisièmement, il existe une relation de créance et de dette entre la société et ses créanciers, qui ont le droit de demander à la société de s'acquitter de ses dettes sur son patrimoine. En outre, en cas de détournement d'apport, des relations de transaction avec les parties liées, des relations de mouvements de fonds avec les établissements financiers, etc. peuvent également être en cause. Ces relations juridiques complexes interagissent les unes avec les autres, ce qui augmente la difficulté du traitement des affaires.
(II) Difficultés dans la collecte des preuves
Lorsqu'une société est en faillite, sa situation financière est généralement chaotique et sa comptabilité n'est pas claire. Les documents financiers pertinents risquent d'être manquants, endommagés ou falsifiés, ce qui rend la collecte des preuves extrêmement difficile. Par exemple, pour prouver le détournement de capital social par les actionnaires, il est nécessaire d'obtenir les preuves de la chaîne complète de circulation des fonds, y compris les contrats, les factures, les relevés bancaires, etc. Toutefois, ces documents peuvent être incomplets ou difficiles à obtenir. En outre, l'authenticité et l'intégrité des preuves électroniques sont également difficiles à garantir, et les témoignages risquent d'être affectés par divers facteurs et manquent donc de crédibilité.
(III) Conflits d'intérêts intenses
Dans les litiges dérivés de la procédure de faillite, les revendications d'intérêts des parties concernées, à savoir les actionnaires, les administrateurs de faillite et les créanciers, présentent des conflits manifestes. Les actionnaires tentent souvent d'éluder leurs responsabilités afin de réduire leurs pertes propres ; les administrateurs de faillite agissent au nom de l'intérêt collectif de l'ensemble des créanciers et s'efforcent de recouvrer les apports indûment détournés ; quant aux créanciers, ils souhaitent accroître au maximum la masse de la faillite pour élever leur taux de satisfaction des créances. Ces conflits d'intérêts acharnés conduisent toutes les parties à s'affronter frontiquement dans la procédure contentieuse, ce qui accroît le caractère contradictoire et la complexité de l'affaire.
(IV) L'affaire exerce une influence majeure.
Les résultats du traitement de ce type de litiges exercent une influence majeure sur la progression de la procédure de faillite, la distribution de la masse faillitière, le redressement judiciaire ou la liquidation des entreprises, entre autres aspects. Si les apports détournés par les actionnaires sont récupérés avec succès, cela permet non seulement d'accroître la masse faillitière et d'augmenter le taux de désintéressement des créanciers, mais aussi de créer des conditions propices au redressement judiciaire de l'entreprise. En revanche, si les apports détournés ne peuvent pas être récupérés, cela risque de placer la procédure de faillite dans l'impasse, de priver les intérêts des créanciers d'une protection effective, et même de porter atteinte à la stabilité sociale et à l'ordre économique.
V. Critères de constatation et difficultés dans la pratique judiciaire
(I) Critères de détermination
1. Examen du flux de fonds
Lorsque le tribunal procède à l'examen du flux des fonds, il vérifie si le trajet de transfert des fonds est clair et raisonnable, et s'il se rattache aux activités d'exploitation normales de la société. Si le flux des fonds n'est pas clairement défini ou est manifestement sans lien avec les activités de la société, il peut être constaté comme anormal. Parallèlement, le tribunal examine également la destination finale des fonds après leur transfert, ainsi que l'éventualité d'un reflux de ceux-ci vers les actionnaires ou les parties liées.
2. Détermination de l'authenticité des opérations
Pour déterminer si une opération conclue entre un actionnaire et une partie liée ou un tiers existe réellement, il convient d'examiner les éléments de preuve pertinents tels que le contrat y afférent, la facture, le certificat de livraison des marchandises, etc. Si l'opération manque de but commercial raisonnable, que son prix est manifestement déraisonnable, que ses conditions sont excessivement avantageuses, entre autres cas, elle pourra être qualifiée d'opération simulée, ce qui constitue un détournement de capital social.
3. Déduction de l'intention subjective des actionnaires
Les tribunaux tiennent généralement compte de manière globale d'une série d'actes et de conduites des actionnaires pour déduire leur intention subjective. Par exemple, les propos et actes des actionnaires avant et après le transfert des fonds, leur participation ou non au processus de prise de décision concerné, l'existence d'une dissimulation de la situation financière de la société ou d'une induction en erreur de leur part, etc. Si les actionnaires ne sont pas en mesure de fournir des explications raisonnables et des éléments de preuve justifiant l'acte de transfert des fonds, il peut être constaté qu'ils ont l'intention subjective de détournement des apports sociaux.
(II) Difficultés
1. Obtention des preuves et force probatoire
(1) Incompleteté des documents financiers
L'incomplétude des documents financiers des entreprises en faillite constitue l'un des principaux obstacles à l'obtention des preuves. En raison de la gestion désorganisée de la société, de l'imperfection de son système financier et d'autres causes, il peut en résulter la perte de pièces justificatives financières importantes et la confusion des comptes, ce qui rend impossible la traçabilité précise du flux et de l'affectation des fonds. Pour résoudre ce problème, il peut être nécessaire d'obtenir des preuves par d'autres canaux, tels que la réquisition de documents auprès des établissements financiers et des administrations fiscales concernés, ou l'obtention de preuves indirectes par le biais d'enquêtes menées auprès des salariés de la société et de ses partenaires commerciaux.
(2) Appréciation des preuves électroniques
À l'ère du numérique, les preuves électroniques telles que les courriers électroniques, les contrats électroniques, les données de logiciels financiers, etc. jouent un rôle de plus en plus important dans la démonstration du détournement de capital souscrit. Toutefois, l'authenticité, l'intégrité et la fiabilité des preuves électroniques sont souvent susceptibles d'être remises en cause, car les données peuvent être altérées, supprimées ou falsifiées. Par conséquent, lors de l'appréciation des preuves électroniques, il est nécessaire de recourir à des moyens techniques professionnels pour en réaliser l'expertise et l'analyse, tout en les confrontant à d'autres éléments de preuve afin d'obtenir une corroboration mutuelle.
2. Imbrication des rapports juridiques
(1) Chevauchement avec d'autres litiges civils
Ces types de différends peuvent se superposer à d'autres différends civils tels que les différends contractuels, les différends délictuels, les différends relatifs aux garanties, entre autres. Par exemple, l'acte de détournement des apports en capital par un actionnaire peut constituer simultanément un délit à l'encontre de la société, ou le contrat de transaction conclu avec une partie liée peut être déclaré nul pour violation des lois et règlements. Lors du traitement de ce type d'affaires, il est nécessaire de distinguer avec précision la nature des différentes relations juridiques et le droit applicable, afin d'éviter toute confusion en matière d'application du droit.
(2) Concours des responsabilités pénale et civile
Dans certains cas, l'acte de détournement d'apports en capital commis par un actionnaire peut constituer à la fois une infraction pénale, notamment le délit de détournement d'apports en capital, et un délit civil. Dans ce cas, il convient de bien traiter la relation entre la procédure pénale et la procédure civile, en veillant à garantir à la fois le bon déroulement de l'action pénale et la protection des droits et intérêts légitimes des sujets civils. En règle générale, si l'action pénale a déjà été engagée, l'instruction de l'affaire civile peut être suspendue et reprise après l'entrée en vigueur du jugement pénal ; toutefois, si l'instruction de l'affaire civile ne dépend pas du résultat du jugement pénal, elle peut se poursuivre normalement.
VI. Répartition de la charge de la preuve
(I) Charge de la preuve préliminaire incombante à l'administrateur de faillite
1. Rôles du rapport d'audit financier
L'administrateur de faillite mandate généralement un cabinet d'audit spécialisé pour procéder à l'audit de la situation financière de l'entreprise en faillite. Le rapport d'audit fournit une base importante pour l'identification des indices et des preuves préliminaires relatives au détournement du capital social. Il permet de révéler des éléments tels que l'état des flux de trésorerie de la société, l'authenticité de ses états financiers, l'existence ou non d'opérations anormales, entre autres. Lorsqu'un transfert sortant anormal de fonds est constaté et qu'aucune explication raisonnable n'est fournie à ce sujet, celui-ci peut constituer une preuve préliminaire de détournement du capital social.
2. Collecte des documents internes de la société
L'administrateur de faillite est tenu de recueillir les documents internes de la société, notamment les décisions de l'assemblée générale des actionnaires, les décisions du conseil d'administration, les états financiers et les pièces comptables. Ces documents peuvent contenir des informations importantes relatives aux apports des actionnaires, à l'utilisation des fonds, à la distribution des bénéfices, etc. Lorsqu'il est constaté que les décisions ou les agissements des actionnaires violent les statuts de la société ainsi que les lois et règlements en vigueur, ces documents peuvent être utilisés comme éléments de preuve attestant du détournement des apports.
(II) Charge de la preuve de réfutation incombant aux actionnaires
Explication raisonnable relative à l'utilisation des fonds
Les actionnaires doivent fournir des explications et justifications raisonnables concernant les sorties de fonds, par exemple prouver que les fonds sont affectés aux activités d'exploitation normales de la société, aux projets d'investissement, au remboursement des dettes, etc. Pour étayer leurs prétentions, les actionnaires peuvent être tenus de fournir des éléments de preuve pertinents tels que contrats, factures, relevés bancaires et rapports de projet, afin de démontrer que l'utilisation des fonds est légale et raisonnable.
2. Preuve de la légalité de la transaction
Si l'actionnaire allègue que le transfert de fonds est fondé sur une opération légale, il est tenu de prouver la véracité, la légalité et la raisonnabilité de ladite opération. Ceci inclut la fourniture de l'original du contrat d'opération, du certificat de qualification de la contrepartie de l'opération, du rapport d'évaluation du prix de l'opération et d'autres éléments de preuve, afin de prouver que l'opération est réalisée sur la base de l'équité et de l'impartialité et qu'aucun préjudice n'est causé aux intérêts de la société.
(III) Examen et appréciation de la charge de la preuve par les tribunaux
la suffisance des preuves
Le tribunal procède à un examen complet et minutieux des éléments de preuve fournis par les deux parties pour vérifier s’ils sont suffisants et conclusifs. Les éléments de preuve doivent présenter les caractéristiques de pertinence, de légalité et de véracité, et être susceptibles de former une chaîne de preuves complète pour soutenir les prétentions respectives des parties. Si les éléments de preuve présentent des vices ou sont contradictoires entre eux, le tribunal peut enjoindre aux deux parties de fournir des éléments de preuve complémentaires ou de donner des explications correspondantes.
2. Transfert de la charge de la preuve
Au cours de la procédure judiciaire, si les preuves fournies par une partie sont suffisantes pour établir prima facie la constitution du fait à prouver, le fardeau de la preuve peut être inversé. Par exemple, lorsque les preuves préliminaires fournies par l'administrateur de l'insolvabilité suffisent à établir une présomption de détournement de capital social de la part des actionnaires, ces derniers doivent produire des preuves contraires pour réfuter cette présomption. Si les actionnaires ne sont pas en mesure de fournir des preuves solides, la juridiction pourra rendre un jugement défavorable aux actionnaires sur la base des éléments de preuve disponibles.
VII. Incidences sur les entreprises en faillite et les créanciers
(I) Accroissement de la masse des biens de la faillite
1. Impact sur la liquidation de faillite
Dans la procédure de liquidation de faillite, les apports détournés récupérés augmentent directement le montant total de la masse de la faillite. Cela signifie que le volume des actifs distribuables aux créanciers s'accroît, et que le taux de désintéressement des créanciers chirographaires s'élève en conséquence. Par exemple, si la masse de la faillite ne permet initialement de désintéresser les créanciers qu'à hauteur de 30 % de leurs créances, ce taux peut être porté à 50 % voire plus après la récupération réussie des apports détournés, de manière à protéger plus efficacement les intérêts des créanciers.
2. Signification pour le redressement judiciaire
Dans le cadre de la procédure de redressement judiciaire, des fonds suffisants constituent la clé de la reprise d'activité de l'entreprise. Le recouvrement des apports détournés peut apporter à l'entreprise le soutien financier nécessaire, affecté notamment à la transformation technologique, au renouvellement des équipements et à l'expansion du marché, afin d'aider l'entreprise à retrouver sa capacité bénéficiaire et sa compétitivité sur le marché. En outre, cette mesure transmet un signal positif aux investisseurs stratégiques potentiels, ce qui accroît la probabilité de succès du redressement de l'entreprise.
(II) Sauvegarder l'équité et la justice
La régulation de l'ordre du marché
Le traitement approprié de ce type de litiges peut exercer un rôle de réglementation et de mise en garde à l'égard du comportement des actionnaires sur le marché. Il clarifie la ligne de fond juridique interdisant aux actionnaires de procéder au retrait illicite de leurs apports en capital, réprime les actes illicites des actionnaires, sauvegarde l'ordre du marché fondé sur une concurrence équitable et promeut le développement sain de l'économie de marché.
2. Construction du système de crédit social
Le recouvrement des apports détournés par les actionnaires met en évidence le ferme attachement du droit au principe de bonne foi et renforce la sensibilisation des acteurs du marché à la crédibilité. Cela contribue à instaurer un climat social d'honnêteté et de bonne foi, à promouvoir la construction du système de crédibilité sociale et à réduire fondamentalement la survenance d'actes illicites similaires.